La polynésie veut s'imposer dans le secteur du rhum | Goodies.pro

La polynésie veut s’imposer dans le secteur du rhum

Polynesie

Tahiti est déjà connu pour son monoï, sa vanille et ses multiples secrets de beauté. Le pays veut désormais se lancer dans la canne à sucre et le rhum agricole de Tahiti. Le Président Edouard Fritch et le Vice-président Tearii Te Moana Alpha sont allés visiter la distillerie Moux de Papara (littoral sud-sud-ouest) pour rencontrer les acteurs du nouveau syndicat de défense de l’IGP (Indication Géographique Protégée) du rhum agricole.

Faire reconnaître l’IGP du rhum polynésien

À l’heure actuelle, la Polynésie possède 50 hectares de cannes à sucre (20 à Tahiti, 26 à Taha’a, deux à Moorea et un à Rangiroa), qui rassemblent une centaine d’emplois. Même si les chiffres sont faibles, pour quatre des six rhumiers locaux, l’excellence de leur produit a été reconnu par de grands prix. Le rhum polynésien est présent dans tout guide du rhum et possède une solide réputation. Seulement, il rencontre un vrai problème : il ne bénéficie pas de l’appellation rhum agricole.

Pour pallier à ce souci, le syndicat se bat pour faire entrer les rhums locaux dans le cercle fermé des 3% meilleurs rhums de monde. Leur stratégie ? Parier sur un rhum d’excellente qualité, à base de pur jus de canne, pour obtenir le label. Ils entendent défendre l’obtention de leur IGP par la spécificité de leur terroir, des variétés et de leur savoir-faire. Les rhums polynésiens sont déjà reconnus à l’international, comme le prouve les nombreuses médailles gagnées par les producteurs locaux.

Les professionnels de rhum doivent faire certifier la filière par un accréditeur extérieur. La dernière phase consistera à valider un cahier des charges au niveau du territoire, puis de l’Union européenne par l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité). Concrètement, cela se traduit, par exemple, par de la première presse uniquement en matière de broyage de cannes, ou encore par l’utilisation de variétés spécifiques à la Polynésie.

Plus d’emplois et de plus de plantations

Pour Marotea Vitrac, jeune président du syndicat nouvellement créé, il s’agit d’abord de défendre l’image du rhum polynésien, mais aussi de promouvoir l’ensemble des actions qui vont développer la filière. Avec l’obtention de l’indication géographique protégée, la Polynésie pourrait créer davantage d’emplois dans le secteur mais aussi multiplier la création de cannes à sucre locales.

Des aides agricoles ont été attribuées pour inciter les propriétaires fonciers des îles à proposer leurs terres pour cette activité. En augmentant les surfaces cultivées à hauteur de 300 hectares, les exportations pourraient atteindre une valeur de 100 millions de francs, contre 17 millions actuellement. Un objectif qui dessine un beau projet économique en cette période de crise.

Le vice-président et ministre de l’Agriculture, Tearii Alpha, entend bien soutenir ce mouvement. Le gouvernement souhaite développer le rhum, mais aussi le monoï, le tamanu, la vanille… Des produits d’excellence que le pays souhaite exporter et valoriser davantage sur les marchés extérieurs. La Polynésie entend même développer le « spiritourisme » en créant une route du rhum.

 

 

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